Le Pitch - CinémaEmission du mercredi 14 mars 2018

France 3
|

Émissions culturelles

5 min

Tous publicsSous-titré

Disponible jusqu'au 19/01/2038

LA BELLE ET LA BELLE de Sophie Fillières Avec Sandrine Kiberlain, Agathe Bonitzer et Melvil Poupaud Margaux, 20 ans, faire la connaissance de Margaux, 45 ans : tout les unit, il s'avère qu'elles ne forment qu'une seule et même personne, à deux âges différents de leur vie… Sandrine Kiberlain avait joué dans le premier court métrage de Sophie Fillières (son film de fin d’études) « Des filles et des chiens » (1991). C'était aussi la toute première apparition au cinéma de la comédienne. La cinéaste confie que, 25 ans après, elle avait envie de retravailler avec elle et avait par ailleurs eu l’idée d’un nouveau film qui explorerait la connaissance de soi, la rencontre avec soi-même au sens littéral. « Une jeune femme fait la rencontre, en chair et en os, de la femme qu’elle est devenue. Une sorte de portrait dédoublé. J’ai proposé ce bref résumé à Sandrine à qui ça a plu, et j’ai écrit ensuite en pensant à elle. Sa voix, sa précision et son intelligence du jeu, son physique même, m’ont portée et inspirée durant l’écriture, autant du point de vue de la femme qu’elle est que de la comédienne que l’on connaît. Une fois l’écriture terminée, j’étais suspendue à son retour. Je n’aurais pas fait ce film sans elle. » La question de savoir si Margaux devait être pensée comme une seule et même femme interprétée par deux comédiennes ou deux femmes distinctes qui forment un unique personnage à deux âges de sa vie, a constamment accompagnée Sophie Fillières pendant le procesuss d'écriture du film. La réalisatrice explique : « C’est aussi peut-être une question que le spectateur se posera mais pour moi, le plus important est de se laisser porter par l’histoire, d’accepter ce postulat – aussi énorme soit-il – sans encombre et même avec jubilation, et en quelque sorte de 'profiter'. C’est un véritable vertige bien sûr, mais c’est aussi et avant tout pour moi un enchantement. Je pense néanmoins, s’il fallait absolument se prononcer, mais pourquoi le faudrait-il ?, qu’il n’y a qu’une seule Margaux constituée de son passé, de son présent et de son futur. J’avais à cœur d’unir deux comédiennes dans un seul personnage. D’ailleurs, le film assume leurs différences physiques car en réalité Sandrine et Agathe ne se ressemblent pas tant que ça, mais elles ont cette même singularité, elles ont en commun une présence singulière au monde. » « La Belle et la Belle », le titre du film, renvoie à l’univers du conte. Sophie Fillières avait déjà pensé à ce titre avant même d’écrire la première ligne du scénario. A l'origine, la réalisatrice voulait faire un film sur deux filles qui avaient le même prénom, et puis elle a évolué très rapidement vers deux femmes qui seraient la même personne. Sophie Fillières précise : « C’est un titre qui ouvre une porte sur l’imaginaire, et l’imagination plus simplement. Et de par la répétition de 'belle', sur la question d’être à la fois deux et la même. Après la première rencontre entre les deux Margaux devant le miroir de la salle de bain, Margaux-Agathe répond à une question posée par sa meilleure amie, elle lui dit 'oui je m’imagine des choses vraies'. C’est ce que j’ai essayé de faire avec ce film : m’imaginer des choses vraies, atteindre une vérité à partir d’un impossible total, et rendre possible l’impossible. C’est impossible mais c’est vrai ! » « La Belle et la Belle » fait le pari du réalisme pour raconter une histoire qui relève du genre fantastique... En ce sens, Sophie Fillières voulait filmer ses personnages dans le réel de leur vie tout en poussant son travail vers plus de fiction. La cinéaste raconte : « J’ai toujours fait un cinéma qu’on peut appeler décalé, mais c’était surtout au niveau du ton que le décalage s’opérait. Là, j’ai eu envie d’aller plus loin, de mélanger réalité et fantastique et aussi de retrouver une forme d’amusement au sens fort du terme. C’est un jeu, il y a quelque chose de ce qui nous vient de nos désirs enfantins de savoir qui on sera, qui on deviendra. C’est une question qu’on peut se poser aussi à n’importe quel âge de la vie. Mais la façon très quotidienne d’aborder ce twist improbable du réel me tenait beaucoup à cœur. C’est par une certaine forme de comédie, ou plus exactement par l’entremise d’une forme de légèreté que je voulais traiter cette histoire qui est au fond assez grave, et poignante. » HOSTILES de Scott Cooper Avec Christian Bale, Rosamund Pike et Wes Studi Ce film fait l’objet de l’avertissement suivant : « Quelques scènes violentes sont susceptibles de heurter le jeune public. » En 1892, un légendaire capitaine de l'armée américaine accepte à contrecoeur d'escorter un chef de guerre Cheyenne et sa famille, désireux de retourner sur leurs terres tribales. Sur le chemin, qui va les emmener du Nouveau Mexique au Montana, ils doivent faire preuve de solidarité pour survivre à l'environnement et aux tribus Comanche qu'ils rencontrent, en compagnie d'une veuve dont la famille a été assassinée. Avant « Hostiles » de Scott Cooper, Christian Bale, Q'orianka Kilcher et Wes Studi avaient déjà collaboré dans « Le Nouveau Monde » de Terrence Malick en 2005. Lorsque Scott Cooper a reçu la version préliminaire d’un manuscrit écrit par le défunt scénariste Donald Stewart (« À la poursuite d'Octobre rouge », « Jeux de guerre », « Danger Immédiat »), il a été particulièrement séduit par la profondeur de l’histoire. Il déclare : « J’ai toujours voulu réaliser un western mais je tenais à le faire à ma façon. Je voulais qu’il soit pertinent au regard des questions raciales et culturelles qui agitent actuellement l’Amérique. Nous sommes tous conscients des mauvais traitements qui ont été infligés aux Amérindiens, mais on peut voir le même schéma se reproduire aujourd’hui avec les Afro-Américains ou la communauté LGBTQ. Cette histoire soulève des problèmes universels. » Durant plusieurs mois, Scott Cooper a façonné l’histoire imaginée par Donald Stewart de manière à ce qu’elle reflète une philosophie intemporelle. Il a également soigneusement évité les écueils du genre en se tenant à l’écart des clichés traditionnellement associés au western. Scott Cooper a écrit le scénario de « Hostiles » pour Christian Bale, un ami proche qu’il avait déjà dirigé dans « Les Brasiers de la colère ». Lorsque l’acteur a lu le script, il a été frappé par la profonde humanité de l’histoire, dont certains éléments ont trouvé un écho particulier en lui. Il raconte : « Ces évènements auraient pu se produire à n’importe quelle période de l’histoire américaine. Fort Berringer est pour moi une sorte d’Abou Ghraib où les conditions de détention sont inhumaines et où les geôliers sont de simples soldats qui n’ont reçu aucune formation de gardiens de prison. » Pour représenter fidèlement les personnages amérindiens du film, Scott Cooper a collaboré avec le cinéaste acclamé Chris Eyre (Phoenix Arizona, Skins) et l’universitaire Joely Proudfit dont l’organisation, The Native Networkers, fournit aux équipes de télévision et de cinéma les ressources nécessaires pour représenter le plus fidèlement possible les peuples amérindiens et autochtones. L’ampleur de ce soutien culturel a marqué le réalisateur de manière indélébile. Il confie : « Les consultants qui ont pris part à ce film ont été extraordinaires, ils m’ont enseigné des choses que mes propres recherches n’auraient jamais pu m’apprendre. Ils étaient quotidiennement présents sur le tournage pour aider les acteurs avec le langage, la gestuelle et les rituels amérindiens. Leur travail était de la plus haute importance et il a énormément apporté à toute l’équipe. » Le chef Phillip Whiteman, consultant cheyenne sur le film, a travaillé en étroite collaboration avec Christian Bale, qui a eu énormément de mal à maîtriser ce dialecte. L’acteur confie : « C’est une langue magnifique mais extrêmement difficile ! La parler correctement m’a aussi permis de mieux comprendre le système de croyances cheyennes. Je dois avouer que j’ai été surpris par mes progrès car cela me semblait initialement impossible, mais j’ai fini malgré tout par m’exprimer de façon naturelle. » William Voelker, le consultant comanche du film, a été impressionné par la manière dont les cinéastes ont honoré et se sont intéressés au comportement, au langage, à l’habillement et aux talents de cavaliers de ces personnages controversés. En revenant sur leur histoire, le film met en lumière les injustices dont ils ont été victimes sans pour autant omettre la violence de leurs actions. William Voelker déclare : « Personne n’a jamais vraiment porté attention à ces Comanches qui ont refusé de se soumettre au gouvernement américain. Bien que j’aie apprécié la volonté de l’équipe de dresser un portait fidèle de mon peuple, j’ai été un peu surpris que Scott s’excuse de l’image de guerriers impitoyables donnée aux Comanches dans le film car nous n’essayons pas d’enjoliver notre histoire. Ces hommes étaient assoiffés de sang, ils avaient tout perdu et étaient furieux que leur peuple ait été privé de sa liberté. » BONUS AVANT QUE NOUS DISPARAISSIONS de Kiyoshi Kurosawa Avec Masami Nagasawa, Ryuhei Matsuda et Hiroki Hasegawa Ce film fait l’objet de l’avertissement suivant : « Certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité du jeune public. » Alors que Narumi et son mari Shinji traversent une mauvaise passe, Shinji disparaît soudainement et revient quelques jours plus tard, complètement transformé. Il semble être devenu un homme différent, tendre et attentionné. Au même moment, une famille est brutalement assassinée et de curieux phénomènes se produisent en ville. Le journaliste Sakurai va mener l’enquête sur cette mystérieuse affaire. « Avant que nous disparaissions » est à l’origine l’une des pièces les plus connues de la Compagnie de Théâtre Ikiume. Elle a été jouée pour la première fois au Japon en 2005, puis en 2007 et 2011. Après sa première production au théâtre, la pièce a été adaptée en 2007 par son auteur, Tomohiro Maekawa, sous forme de série dans le Da Vinci magazine et le roman sera publié par Kadokawa Novel en juillet 2017.« Je souhaitais respecter autant que possible la localisation de l’intrigue, dans un quartier proche d’une base militaire américaine. J’ai déjà adapté plusieurs romans, mais c’est ma première adaptation d’une pièce de théâtre. Ce qui m’a attiré, c’est le fait que cette pièce soit une parodie des films de science fiction des années 50, avec le côté invasion extraterrestre. Cela m’a beaucoup plu car la science fiction est un genre auquel je voulais me frotter depuis des années », confie le réalisateur Kiyoshi Kurosawa. Kiyoshi Kurosawa revient sur ses influences cinématographiques : « La SF est un genre que j’affectionne particulièrement en tant que spectateur dans tous les cas, donc j’en ai vu un certain nombre. Si je devais donner le nom d’un film qui m’a influencé, ça serait 'L’invasion des profanateurs de sépultures'. Il y a eu deux versions de ce film, une dans les années 50 réalisée par Don Siegel et une dans les années 70 réalisée par Philip Kaufman et j’ai aimé les deux. Sinon, par propre intérêt cinéphile, il y a une autre influence, John Carpenter, qui a réalisé un certain nombre de films de ce genre-là. Ça m’a notamment servi concernant la relation entre le journaliste Sakurai et le jeune extra-terrestre Amano, qui sont d’abord en conflit et qui finissent par se découvrir des intérêts communs et se rapprocher. La teneur de leur relation a quelque chose d’un petit peu 'carpenteresque', si je puis m’exprimer ainsi. » Dans « Avant que nous disparaissions », il y a l’idée que les aliens volent des concepts humains comme l’amour en leur touchant le front. « L’idée existait déjà dans la pièce originale, c’est d’ailleurs un des aspects qui me semblait très séduisant au moment où j’ai découvert l’œuvre. Dans le cadre d’une scène de théâtre, beaucoup de choses peuvent paraître crédibles mais qui ne peuvent pas être retranscrites à l’identique à l’écran. Il a donc fallu trouver un nouveau moyen de l’exprimer, de le visualiser. L’une des parades a été de trouver un ton à la fois détaché et humoristique. Ce geste de toucher le front avec un doigt est un geste très enfantin, on pourrait croire à un jeu d’enfants, et cela crée un contraste avec le côté tragique du vol de concept car on retire à quelqu’un quelque chose de très important au final », explique Kiyoshi Kurosawa. Kiyoshi Kurosawa évoque son travail sur les effets spéciaux du film : « C’est un aspect que j’affectionne, sans aller bien sûr vers le film hollywoodien car je n’ai pas d’énormes budgets. C’est en tout cas un exercice auquel j’aimerais bien me frotter encore un peu plus. Ici, avec le peu de budget qu’on avait, j’ai eu envie d’intégrer ces scènes, qui n’étaient ni dans la pièce originale ni une réclamation de la part du producteur. C’est mon envie personnelle qui transparaît à l’écran à travers ces séquences. Par exemple, la scène avec l’avion et l’attaque vue du ciel était une sorte d’hommage à 'La Guerre des Mondes' de H.G Wells. J’ai toujours eu cette envie-là, de réaliser une scène d’attaque qui viendrait d’en haut vers le bas. » RAZZIA de Nabil Ayouch Avec Maryam Touzani, Arieh Worthalter, Abdelilah Rachid, Amine Ennaji et Dounia Binebine A Casablanca, entre le passé et le présent, cinq destinées sont reliées sans le savoir. Différents visages, différentes trajectoires, différentes luttes mais une même quête de liberté. Et le bruit d’une révolte qui monte… Le film met en scène plusieurs personnages dans des contextes très différents. Nabil Ayouch détaille la genèse du film : « Au tout départ, l’idée avec Maryam était de revisiter des personnages que nous avons connu. Pas forcément tels qu’ils sont dans le film, mais des personnages dont j’ai approché la cosmogonie depuis que je me suis installé au Maroc en 1999. Et pour moi, ces personnages étaient tous issus d’une minorité. D’ailleurs, tout mon cinéma, depuis que j’ai commencé, est un cinéma de minorités : les enfants de la rue (Ali Zaoua, prince de la rue), les jeunes qui deviennent des bombes humaines (les Chevaux de Dieu), des prostituées (Much Loved) et tous ceux qui portent en eux une différence. En cours de route, on a compris avec Maryam qu’ils ne formaient pas du tout un ensemble de minorités, au contraire. Dans le Maroc d’aujourd’hui, ils représentent une majorité, les uns additionnés aux autres, mais une majorité silencieuse. Ils portent en chacun d’eux une part de rêve, de volonté d’exister, de souffle de liberté et ça nous semblait important de les faire exister indépendamment les uns des autres. Ils sont réunis par ce sentiment d’étouffement et ce désir de liberté, palpable, concret, qui est énoncé dès le début du film avec le poème berbère. Nous nous sommes dit qu’il y avait du lien à créer entre eux mais, dans la mesure où ils faisaient partie de cette majorité silencieuse, il y avait aussi la nécessité qu’ils ne se rencontrent pas. » A plusieurs reprises, « Razzia » fait référence à un autre film, « Casablanca » : « Quand vous parlez avec des personnes d’un certain âge dans l’ancienne Médina de Casablanca, ils se remémorent des scènes de tournage. Ils disent qu’une scène a été tournée devant chez eux, ou alors qu’ils ont porté des projecteurs, ou ils étaient figurants… Et ils racontent tout ça avec un luxe de détails et donc, une force de persuasion extraordinaire, à tel point qu’ils vous font douter. Non pas de la vérité puisque le film a été tourné entièrement en studio à Los Angeles, mais douter du fait qu’ils sont vraiment convaincus par ce qu’ils racontent. C’est très intéressant cette fabrication du mythe. Parce que, en soi, un mythe, c’est beau, mais c’est également castrateur, ça empêche de construire une réalité. 'Casablanca' est un très grand film et j’avais envie de le souligner, mais c’est aussi quelque chose qui ne représente pas notre ville. Et donc, ce personnage d’Ilyas qui cite sans cesse Casablanca, qui vit dans ce film, un peu par procuration, en le revoyant encore et encore, est pour moi symptomatique d’une incapacité à construire le réel parce qu’il reste dans la mythologie. » La ville de Casablanca est justement un personnage à part entière de « Razzia » : « J’adore cette ville. Elle est une source d’inspiration profonde et totale. Je n’ai pas beaucoup de lieux d’ancrage. Je suis né à Paris, j’ai grandi à Sarcelles, en banlieue parisienne dans la diversité culturelle, dans une ville Tour de Babel où tout le monde se côtoyait même avec un fort communautarisme, d’une mère juive et d’un père musulman, étudiant à l’école laïque républicaine, à moitié français et à moitié marocain, mais finalement ni l’un ni l’autre. Puis, à trente ans, j’ai la volonté de m’installer à Casablanca, car la société marocaine m’inspire. Au fur et à mesure, je rencontre la ville qui devient celle où je me sens véritablement chez moi. Casablanca est sale, bruyante, agressive, elle tourne le dos à la mer, elle est désordonnée, il n’y a aucun schéma directeur urbain, et, en même temps, elle est d’une richesse incommensurable. Sans doute parce que je n’ai pas commencé par le Casablanca du centre, qui est assez étroit, mais par celui de la périphérie. Probablement à cause de mon parcours, je m’intéresse toujours à ce qu’il y a autour. Par cercles concentriques, je me suis rendu compte que cette ville regorge de secrets et de mystères, surtout pour une ville neuve. Casablanca est rebelle parce qu’elle ne se donne pas. Il faut la prendre, la vivre ou, en tout cas, essayer. J’aime la montrer, cette ville, en faire un personnage. » La musique de Queen est également très présente dans « Razzia », Nabil Ayouch explique ce choix : « Le modèle que j’ai pu avoir à un moment où, comme tout le monde, je me cherchais une identité. Le jour où on comprend, comme moi après avoir porté avec difficulté le fait de n’appartenir à aucun clan, que l’on est pas obligé d’avoir une seule identité mais qu’on peut vivre avec plusieurs, on se sent déjà beaucoup mieux. Et puis l’explosion de Freddie Mercury a coïncidé avec mon propre coming out sur le monde. J’avais envie de lui rendre hommage à travers l’idée qu’un gamin de la Médina de Casablanca ait pour modèle un type comme Freddie Mercury. » Journaliste, scénariste, comédienne pour la première fois, tout juste mère et femme au Maroc, Maryam Touzani fait parfaitement écho à son personnage dans le film qu'elle a co-écrit avec Nabil Ayouch et dans lequel elle incarne, parmi d'autres désirants, une soif de liberté et d'émancipation dans un pays à la sage monarchie. Derrière l'apparence, ici comme ailleurs, le monde qui doute et se fracture.En savoir plus

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Diffusé le 14/03/2018 à 00h05 - Disponible jusqu'au 19/01/2038

LA BELLE ET LA BELLE de Sophie Fillières

Avec Sandrine Kiberlain, Agathe Bonitzer et Melvil Poupaud

Margaux, 20 ans, faire la connaissance de Margaux, 45 ans : tout les unit, il s'avère qu'elles ne forment qu'une seule et même personne, à deux âges différents de leur vie…

Sandrine Kiberlain avait joué dans le premier court métrage de Sophie Fillières (son film de fin d’études) « Des filles et des chiens » (1991). C'était aussi la toute première apparition au cinéma de la comédienne. La cinéaste confie que, 25 ans après, elle avait envie de retravailler avec elle et avait par ailleurs eu l’idée d’un nouveau film qui explorerait la connaissance de soi, la rencontre avec soi-même au sens littéral.

« Une jeune femme fait la rencontre, en chair et en os, de la femme qu’elle est devenue. Une sorte de portrait dédoublé. J’ai proposé ce bref résumé à Sandrine à qui ça a plu, et j’ai écrit ensuite en pensant à elle. Sa voix, sa précision et son intelligence du jeu, son physique même, m’ont portée et inspirée durant l’écriture, autant du point de vue de la femme qu’elle est que de la comédienne que l’on connaît. Une fois l’écriture terminée, j’étais suspendue à son retour. Je n’aurais pas fait ce film sans elle. »

La question de savoir si Margaux devait être pensée comme une seule et même femme interprétée par deux comédiennes ou deux femmes distinctes qui forment un unique personnage à deux âges de sa vie, a constamment accompagnée Sophie Fillières pendant le procesuss d'écriture du film. La réalisatrice explique :

« C’est aussi peut-être une question que le spectateur se posera mais pour moi, le plus important est de se laisser porter par l’histoire, d’accepter ce postulat – aussi énorme soit-il – sans encombre et même avec jubilation, et en quelque sorte de 'profiter'. C’est un véritable vertige bien sûr, mais c’est aussi et avant tout pour moi un enchantement. Je pense néanmoins, s’il fallait absolument se prononcer, mais pourquoi le faudrait-il ?, qu’il n’y a qu’une seule Margaux constituée de son passé, de son présent et de son futur. J’avais à cœur d’unir deux comédiennes dans un seul personnage. D’ailleurs, le film assume leurs différences physiques car en réalité Sandrine et Agathe ne se ressemblent pas tant que ça, mais elles ont cette même singularité, elles ont en commun une présence singulière au monde. »

« La Belle et la Belle », le titre du film, renvoie à l’univers du conte. Sophie Fillières avait déjà pensé à ce titre avant même d’écrire la première ligne du scénario. A l'origine, la réalisatrice voulait faire un film sur deux filles qui avaient le même prénom, et puis elle a évolué très rapidement vers deux femmes qui seraient la même personne. Sophie Fillières précise :

« C’est un titre qui ouvre une porte sur l’imaginaire, et l’imagination plus simplement. Et de par la répétition de 'belle', sur la question d’être à la fois deux et la même. Après la première rencontre entre les deux Margaux devant le miroir de la salle de bain, Margaux-Agathe répond à une question posée par sa meilleure amie, elle lui dit 'oui je m’imagine des choses vraies'. C’est ce que j’ai essayé de faire avec ce film : m’imaginer des choses vraies, atteindre une vérité à partir d’un impossible total, et rendre possible l’impossible. C’est impossible mais c’est vrai ! »

« La Belle et la Belle » fait le pari du réalisme pour raconter une histoire qui relève du genre fantastique... En ce sens, Sophie Fillières voulait filmer ses personnages dans le réel de leur vie tout en poussant son travail vers plus de fiction. La cinéaste raconte :

« J’ai toujours fait un cinéma qu’on peut appeler décalé, mais c’était surtout au niveau du ton que le décalage s’opérait. Là, j’ai eu envie d’aller plus loin, de mélanger réalité et fantastique et aussi de retrouver une forme d’amusement au sens fort du terme. C’est un jeu, il y a quelque chose de ce qui nous vient de nos désirs enfantins de savoir qui on sera, qui on deviendra. C’est une question qu’on peut se poser aussi à n’importe quel âge de la vie. Mais la façon très quotidienne d’aborder ce twist improbable du réel me tenait beaucoup à cœur. C’est par une certaine forme de comédie, ou plus exactement par l’entremise d’une forme de légèreté que je voulais traiter cette histoire qui est au fond assez grave, et poignante. »

HOSTILES de Scott Cooper

Avec Christian Bale, Rosamund Pike et Wes Studi

Ce film fait l’objet de l’avertissement suivant : « Quelques scènes violentes sont susceptibles de heurter le jeune public. »

En 1892, un légendaire capitaine de l'armée américaine accepte à contrecoeur d'escorter un chef de guerre Cheyenne et sa famille, désireux de retourner sur leurs terres tribales. Sur le chemin, qui va les emmener du Nouveau Mexique au Montana, ils doivent faire preuve de solidarité pour survivre à l'environnement et aux tribus Comanche qu'ils rencontrent, en compagnie d'une veuve dont la famille a été assassinée.

Avant « Hostiles » de Scott Cooper, Christian Bale, Q'orianka Kilcher et Wes Studi avaient déjà collaboré dans « Le Nouveau Monde » de Terrence Malick en 2005.

Lorsque Scott Cooper a reçu la version préliminaire d’un manuscrit écrit par le défunt scénariste Donald Stewart (« À la poursuite d'Octobre rouge », « Jeux de guerre », « Danger Immédiat »), il a été particulièrement séduit par la profondeur de l’histoire. Il déclare : « J’ai toujours voulu réaliser un western mais je tenais à le faire à ma façon. Je voulais qu’il soit pertinent au regard des questions raciales et culturelles qui agitent actuellement l’Amérique. Nous sommes tous conscients des mauvais traitements qui ont été infligés aux Amérindiens, mais on peut voir le même schéma se reproduire aujourd’hui avec les Afro-Américains ou la communauté LGBTQ. Cette histoire soulève des problèmes universels. »



Durant plusieurs mois, Scott Cooper a façonné l’histoire imaginée par Donald Stewart de manière à ce qu’elle reflète une philosophie intemporelle. Il a également soigneusement évité les écueils du genre en se tenant à l’écart des clichés traditionnellement associés au western.

Scott Cooper a écrit le scénario de « Hostiles » pour Christian Bale, un ami proche qu’il avait déjà dirigé dans « Les Brasiers de la colère ». Lorsque l’acteur a lu le script, il a été frappé par la profonde humanité de l’histoire, dont certains éléments ont trouvé un écho particulier en lui. Il raconte : « Ces évènements auraient pu se produire à n’importe quelle période de l’histoire américaine. Fort Berringer est pour moi une sorte d’Abou Ghraib où les conditions de détention sont inhumaines et où les geôliers sont de simples soldats qui n’ont reçu aucune formation de gardiens de prison. »

Pour représenter fidèlement les personnages amérindiens du film, Scott Cooper a collaboré avec le cinéaste acclamé Chris Eyre (Phoenix Arizona, Skins) et l’universitaire Joely Proudfit dont l’organisation, The Native Networkers, fournit aux équipes de télévision et de cinéma les ressources nécessaires pour représenter le plus fidèlement possible les peuples amérindiens et autochtones. L’ampleur de ce soutien culturel a marqué le réalisateur de manière indélébile. Il confie : « Les consultants qui ont pris part à ce film ont été extraordinaires, ils m’ont enseigné des choses que mes propres recherches n’auraient jamais pu m’apprendre. Ils étaient quotidiennement présents sur le tournage pour aider les acteurs avec le langage, la gestuelle et les rituels amérindiens. Leur travail était de la plus haute importance et il a énormément apporté à toute l’équipe. »

Le chef Phillip Whiteman, consultant cheyenne sur le film, a travaillé en étroite collaboration avec Christian Bale, qui a eu énormément de mal à maîtriser ce dialecte. L’acteur confie : « C’est une langue magnifique mais extrêmement difficile ! La parler correctement m’a aussi permis de mieux comprendre le système de croyances cheyennes. Je dois avouer que j’ai été surpris par mes progrès car cela me semblait initialement impossible, mais j’ai fini malgré tout par m’exprimer de façon naturelle. »

William Voelker, le consultant comanche du film, a été impressionné par la manière dont les cinéastes ont honoré et se sont intéressés au comportement, au langage, à l’habillement et aux talents de cavaliers de ces personnages controversés. En revenant sur leur histoire, le film met en lumière les injustices dont ils ont été victimes sans pour autant omettre la violence de leurs actions. William Voelker déclare : « Personne n’a jamais vraiment porté attention à ces Comanches qui ont refusé de se soumettre au gouvernement américain. Bien que j’aie apprécié la volonté de l’équipe de dresser un portait fidèle de mon peuple, j’ai été un peu surpris que Scott s’excuse de l’image de guerriers impitoyables donnée aux Comanches dans le film car nous n’essayons pas d’enjoliver notre histoire. Ces hommes étaient assoiffés de sang, ils avaient tout perdu et étaient furieux que leur peuple ait été privé de sa liberté. »

BONUS

AVANT QUE NOUS DISPARAISSIONS de Kiyoshi Kurosawa

Avec Masami Nagasawa, Ryuhei Matsuda et Hiroki Hasegawa

Ce film fait l’objet de l’avertissement suivant : « Certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité du jeune public. »

Alors que Narumi et son mari Shinji traversent une mauvaise passe, Shinji disparaît soudainement et revient quelques jours plus tard, complètement transformé. Il semble être devenu un homme différent, tendre et attentionné. Au même moment, une famille est brutalement assassinée et de curieux phénomènes se produisent en ville. Le journaliste Sakurai va mener l’enquête sur cette mystérieuse affaire.

« Avant que nous disparaissions » est à l’origine l’une des pièces les plus connues de la Compagnie de Théâtre Ikiume. Elle a été jouée pour la première fois au Japon en 2005, puis en 2007 et 2011. Après sa première production au théâtre, la pièce a été adaptée en 2007 par son auteur, Tomohiro Maekawa, sous forme de série dans le Da Vinci magazine et le roman sera publié par Kadokawa Novel en juillet 2017.

« Je souhaitais respecter autant que possible la localisation de l’intrigue, dans un quartier proche d’une base militaire américaine. J’ai déjà adapté plusieurs romans, mais c’est ma première adaptation d’une pièce de théâtre. Ce qui m’a attiré, c’est le fait que cette pièce soit une parodie des films de science fiction des années 50, avec le côté invasion extraterrestre. Cela m’a beaucoup plu car la science fiction est un genre auquel je voulais me frotter depuis des années », confie le réalisateur Kiyoshi Kurosawa.

Kiyoshi Kurosawa revient sur ses influences cinématographiques : « La SF est un genre que j’affectionne particulièrement en tant que spectateur dans tous les cas, donc j’en ai vu un certain nombre. Si je devais donner le nom d’un film qui m’a influencé, ça serait 'L’invasion des profanateurs de sépultures'. Il y a eu deux versions de ce film, une dans les années 50 réalisée par Don Siegel et une dans les années 70 réalisée par Philip Kaufman et j’ai aimé les deux. Sinon, par propre intérêt cinéphile, il y a une autre influence, John Carpenter, qui a réalisé un certain nombre de films de ce genre-là. Ça m’a notamment servi concernant la relation entre le journaliste Sakurai et le jeune extra-terrestre Amano, qui sont d’abord en conflit et qui finissent par se découvrir des intérêts communs et se rapprocher. La teneur de leur relation a quelque chose d’un petit peu 'carpenteresque', si je puis m’exprimer ainsi. »

Dans « Avant que nous disparaissions », il y a l’idée que les aliens volent des concepts humains comme l’amour en leur touchant le front. « L’idée existait déjà dans la pièce originale, c’est d’ailleurs un des aspects qui me semblait très séduisant au moment où j’ai découvert l’œuvre. Dans le cadre d’une scène de théâtre, beaucoup de choses peuvent paraître crédibles mais qui ne peuvent pas être retranscrites à l’identique à l’écran. Il a donc fallu trouver un nouveau moyen de l’exprimer, de le visualiser. L’une des parades a été de trouver un ton à la fois détaché et humoristique. Ce geste de toucher le front avec un doigt est un geste très enfantin, on pourrait croire à un jeu d’enfants, et cela crée un contraste avec le côté tragique du vol de concept car on retire à quelqu’un quelque chose de très important au final », explique Kiyoshi Kurosawa.

Kiyoshi Kurosawa évoque son travail sur les effets spéciaux du film : « C’est un aspect que j’affectionne, sans aller bien sûr vers le film hollywoodien car je n’ai pas d’énormes budgets. C’est en tout cas un exercice auquel j’aimerais bien me frotter encore un peu plus. Ici, avec le peu de budget qu’on avait, j’ai eu envie d’intégrer ces scènes, qui n’étaient ni dans la pièce originale ni une réclamation de la part du producteur. C’est mon envie personnelle qui transparaît à l’écran à travers ces séquences. Par exemple, la scène avec l’avion et l’attaque vue du ciel était une sorte d’hommage à 'La Guerre des Mondes' de H.G Wells. J’ai toujours eu cette envie-là, de réaliser une scène d’attaque qui viendrait d’en haut vers le bas. »

RAZZIA de Nabil Ayouch

Avec Maryam Touzani, Arieh Worthalter, Abdelilah Rachid, Amine Ennaji et Dounia Binebine

A Casablanca, entre le passé et le présent, cinq destinées sont reliées sans le savoir. Différents visages, différentes trajectoires, différentes luttes mais une même quête de liberté. Et le bruit d’une révolte qui monte…

Le film met en scène plusieurs personnages dans des contextes très différents. Nabil Ayouch détaille la genèse du film : « Au tout départ, l’idée avec Maryam était de revisiter des personnages que nous avons connu. Pas forcément tels qu’ils sont dans le film, mais des personnages dont j’ai approché la cosmogonie depuis que je me suis installé au Maroc en 1999. Et pour moi, ces personnages étaient tous issus d’une minorité. D’ailleurs, tout mon cinéma, depuis que j’ai commencé, est un cinéma de minorités : les enfants de la rue (Ali Zaoua, prince de la rue), les jeunes qui deviennent des bombes humaines (les Chevaux de Dieu), des prostituées (Much Loved) et tous ceux qui portent en eux une différence. En cours de route, on a compris avec Maryam qu’ils ne formaient pas du tout un ensemble de minorités, au contraire. Dans le Maroc d’aujourd’hui, ils représentent une majorité, les uns additionnés aux autres, mais une majorité silencieuse. Ils portent en chacun d’eux une part de rêve, de volonté d’exister, de souffle de liberté et ça nous semblait important de les faire exister indépendamment les uns des autres. Ils sont réunis par ce sentiment d’étouffement et ce désir de liberté, palpable, concret, qui est énoncé dès le début du film avec le poème berbère. Nous nous sommes dit qu’il y avait du lien à créer entre eux mais, dans la mesure où ils faisaient partie de cette majorité silencieuse, il y avait aussi la nécessité qu’ils ne se rencontrent pas. »

A plusieurs reprises, « Razzia » fait référence à un autre film, « Casablanca »: « Quand vous parlez avec des personnes d’un certain âge dans l’ancienne Médina de Casablanca, ils se remémorent des scènes de tournage. Ils disent qu’une scène a été tournée devant chez eux, ou alors qu’ils ont porté des projecteurs, ou ils étaient figurants… Et ils racontent tout ça avec un luxe de détails et donc, une force de persuasion extraordinaire, à tel point qu’ils vous font douter. Non pas de la vérité puisque le film a été tourné entièrement en studio à Los Angeles, mais douter du fait qu’ils sont vraiment convaincus par ce qu’ils racontent. C’est très intéressant cette fabrication du mythe. Parce que, en soi, un mythe, c’est beau, mais c’est également castrateur, ça empêche de construire une réalité. 'Casablanca' est un très grand film et j’avais envie de le souligner, mais c’est aussi quelque chose qui ne représente pas notre ville. Et donc, ce personnage d’Ilyas qui cite sans cesse Casablanca, qui vit dans ce film, un peu par procuration, en le revoyant encore et encore, est pour moi symptomatique d’une incapacité à construire le réel parce qu’il reste dans la mythologie. »

La ville de Casablanca est justement un personnage à part entière de « Razzia » : « J’adore cette ville. Elle est une source d’inspiration profonde et totale. Je n’ai pas beaucoup de lieux d’ancrage. Je suis né à Paris, j’ai grandi à Sarcelles, en banlieue parisienne dans la diversité culturelle, dans une ville Tour de Babel où tout le monde se côtoyait même avec un fort communautarisme, d’une mère juive et d’un père musulman, étudiant à l’école laïque républicaine, à moitié français et à moitié marocain, mais finalement ni l’un ni l’autre. Puis, à trente ans, j’ai la volonté de m’installer à Casablanca, car la société marocaine m’inspire. Au fur et à mesure, je rencontre la ville qui devient celle où je me sens véritablement chez moi. Casablanca est sale, bruyante, agressive, elle tourne le dos à la mer, elle est désordonnée, il n’y a aucun schéma directeur urbain, et, en même temps, elle est d’une richesse incommensurable. Sans doute parce que je n’ai pas commencé par le Casablanca du centre, qui est assez étroit, mais par celui de la périphérie. Probablement à cause de mon parcours, je m’intéresse toujours à ce qu’il y a autour. Par cercles concentriques, je me suis rendu compte que cette ville regorge de secrets et de mystères, surtout pour une ville neuve. Casablanca est rebelle parce qu’elle ne se donne pas. Il faut la prendre, la vivre ou, en tout cas, essayer. J’aime la montrer, cette ville, en faire un personnage. »

La musique de Queen est également très présente dans « Razzia », Nabil Ayouch explique ce choix : « Le modèle que j’ai pu avoir à un moment où, comme tout le monde, je me cherchais une identité. Le jour où on comprend, comme moi après avoir porté avec difficulté le fait de n’appartenir à aucun clan, que l’on est pas obligé d’avoir une seule identité mais qu’on peut vivre avec plusieurs, on se sent déjà beaucoup mieux. Et puis l’explosion de Freddie Mercury a coïncidé avec mon propre coming out sur le monde. J’avais envie de lui rendre hommage à travers l’idée qu’un gamin de la Médina de Casablanca ait pour modèle un type comme Freddie Mercury. »

Journaliste, scénariste, comédienne pour la première fois, tout juste mère et femme au Maroc, Maryam Touzani fait parfaitement écho à son personnage dans le film qu'elle a co-écrit avec Nabil Ayouch et dans lequel elle incarne, parmi d'autres désirants, une soif de liberté et d'émancipation dans un pays à la sage monarchie. Derrière l'apparence, ici comme ailleurs, le monde qui doute et se fracture.